Haïti: Dans les jardins de «La Réserve», a été fêtée, le samedi 31 mars, dans l'après-midi, Lyrta Francis qui bouclera, le vendredi saint 6 avril 2012, ses cents ans d'existence. La fête débuta par une cérémonie religieuse que présida Mgr Pierre André Dumas, évêque des Nippes, rentré spécialement de Miragoâne pour la circonstance. Sous un kiosque transformé en chapelle, l'assistance composée de parents et d'amis de tante Tita suivait attentivement le célébrant dans son homélie. Selon l'évêque, le centenaire de Lyrta Francis représente une grâce; il remonta à l'origine grecque du mot grâce : makarios pour faire saisir à l'assistance que c'est un don de Dieu pour Tita. Au milieu des grandes souffrances de la nation : kidnapping, cyclones, secousses sismiques, etc., la récipiendaire a su maintenir le cap en répandant autour d'elle l'amour.
Mgr Dumas parlera des grandes peurs qui affectent les gens. Tout le monde a peur; mais d'où vient cette peur? Il identifie donc des maladies psychosomatiques. Psycho-signifiant tête et soma corps. Ça atteint et l'esprit et le corps. En résumé, le célébrant profita de la circonstance pour offrir la vie de Tita en exemple. Et de conclure par ces mots : Ad multos et fortissimos anos.
Pendant la messe d'action de grâces, l'animation musicale a été assurée par Cynthia Duplan Lamy (chant), Pouchon Lambert (chant), Emmanuel (guitare) et Ambroise (keyboard). Mgr Dumas qui avait relevé la coïncidence heureuse de la célébration des 100 ans de Tita et de la veille de la fête des rameaux, devait se retirer peu après la messe, pour regagner la ville de Miragoâne où l'attendent ses obligations épiscopales. Il avait confié à l'assistance que, au matin du 31 mars à Miragoâne, siège épiscopal, il avait prononcé une conférence dans le cadre de la célébration de la journée internationale consacrée à la jeunesse.
Lyrta Francis remercia longuement Dieu. Avec son humour coutumier, elle laissa tomber : «Je vous ai tant remercié que vous finirez par vous fatiguer de moi.» Puis elle étendit ses remerciements à Mgr Dumas, ses parents et ses amis. Elle confia que, trente ans auparavant, elle voulut partir rejoindre le Seigneur mais se retint de franchir le seuil de la porte du ciel pour s'occuper de sa mère. Comme elle avait bien fait! Sinon, comment ceux qui la connaissent, dans l'intervalle, auraient-ils pu bénéficier de son amour et de son altruisme? Toute son existence a été un don de soi. Pendant sa vie active, elle a été infirmière jusqu'à la retraite. Une profession qu'elle exerça à l'Hôpital Général de Port-au-Prince, puis dans des centres hospitaliers aux États-Unis d'Amérique.
Mgr Dumas avait, fort à propos, souligné qu'elle n'a pas eu de descendance; pourtant, autour d'elle, il y a une nombreuse progéniture. C'est dire combien elle est entourée. D'ailleurs, elle a toujours vécu soudée à son frère, l'expert-comptable Marc Serres, ses soeurs Lise Serres Monplaisir et Raymonde Serres Curly, sans compter le dévouement de sa fidèle Auléna Parvély.
La fête se poursuivit par les pauses photographiques et les rencontres autour de tables où boissons et mets firent les délices des palais, tout cela au son d'une musique entraînante sortie des haut-parleurs. Le service du restaurateur a été impeccable. Pascale et Fritz Monplaisir Junior se mirent en quatre pour la satisfaction des invités. Dame pluie fit, heureusement, une pause, ce qui permit à la fête de se dérouler au-dela de huit heures du soir. «Happy birthday to you» fut le chant de clôture de cette magnifique rencontre printanière.
Jean-Claude Boyer

Lyrta Francis en train de feuilleter le livret de programmation

Lyrta Francis accompagnée des membres de sa famille

Mgr Pierre André Dumas saluant Mme Francis

Photo-souvenir de la centenaire
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=103899&PubDate=2012-04-04


